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Budapest

photographies > Patrice Monchy / mai 2011 - texte / octobre 2011

La ville, le visiteur commence à bien la saisir. Avant le départ, il s’est perdu dans le dédale des rues et des quartiers en suivant du doigt les tracés sur la carte plastifiée. La langue lui est inconnue et difficile à comprendre. Il a repéré les lieux, les rues, les avenues, les places, les bâtiments qu’il souhaite parcourir, voir et visiter. C’est une période particulière de l’histoire qui l’a entraîné ici. Il s’imagine que ces journées historiques auront laissé des traces encore visibles. Après quelques jours passés dans la ville, la récolte d’images est maigre. Trois photographies résument les 55 années qui le séparent de l’année 1956. Un mur, un platane et un pochoir. Le mur, gris et criblé de d’éclats de balle, situé dans l’ancien ghetto. Après un échange de paroles, en français, avec un passant, il fut impossible de déduire l’année d’une tragédie toujours visible, 1944 ou 1956. L’arbre, sur le trottoir du musée national le renvoie à une photographie prise à cet endroit en 1956, peut-être à cet endroit ? l’image est parue dans un ouvrage qui récapitule les événements de cette même année ; évocation consignée dans son mental et réveillée par le but de ce voyage. Le pochoir, une série de profils de tanks T54 peints au-dessus d'un panneau d’affichage. A partir de ces trois images, inconsciemment, est née l’idée des photos incertaines. Depuis le retour à son quotidien, le mot « incertain » est entré naturellement dans son langage photographique. Il a pris goût à inventer des histoires sous forme de séries de photos, bien entendu, incertaines.